Tu as tenu septembre. Et maintenant ?
Septembre est fini. Tu l'as tenu. La rentrée, les nouveaux rythmes, peut-être une reprise professionnelle après l'été, des enfants à recaler dans leurs habitudes, des résolutions qu'on s'était promises et qu'on a plus ou moins suivies. Tu n'as probablement pas eu le temps de t'arrêter pour regarder ce mois dans les yeux. On te propose de le faire maintenant. Pas pour te juger. Pour comprendre ce qu'il t'a coûté, et ajuster avant que l'automne ne s'installe pour de bon.
MINDSETEPUISEMENT
Nathalie | Coach Mindset
10/2/20269 min read


On ne s'arrête presque jamais pour regarder un mois qui vient de passer. On enchaîne. Octobre commence, il y a déjà une nouvelle liste de choses à faire, et septembre disparaît dans le rétroviseur sans qu'on ait pris le temps de comprendre ce qu'il a vraiment demandé.
C'est dommage, parce que ce mois-là contient des informations précieuses sur ton état actuel. Pas pour te noter, pas pour établir un palmarès de ta performance. Pour comprendre, concrètement, ce qui a coûté cher, ce qui a plutôt bien fonctionné, et ce qu'il vaut mieux ajuster avant que les jours ne raccourcissent encore.
Pourquoi le bilan sans jugement fonctionne mieux que l'autocritique
Il y a une tentation naturelle, quand on regarde un mois écoulé, de se focaliser sur ce qui n'a pas marché : la promesse de sport non tenue, l'énervement du mardi soir, la fatigue qui n'a jamais vraiment disparu. C'est humain, mais ce n'est pas la méthode la plus efficace.
La psychologue Kristin Neff, qui a formalisé le concept scientifique d'autocompassion dans ses travaux publiés depuis 2003, montre que la bienveillance envers soi-même, loin d'être une forme de complaisance, favorise davantage le changement de comportement que l'autocritique. Un mécanisme simple l'explique : l'autocritique active une réponse de stress (le même système sympathique dont on parle souvent ici), qui pousse à l'évitement plutôt qu'à l'action. À l'inverse, un regard posé sur soi, même sur ses erreurs, laisse de la place pour observer, comprendre, et ajuster.
Faire le bilan de septembre "sans se juger", ce n'est donc pas une formule sympathique. C'est la condition pour que ce bilan serve réellement à quelque chose.
Ça ne veut pas dire fermer les yeux sur ce qui a coûté ou sur ce qui n'a pas fonctionné. Ça veut dire les regarder avec la même attention que tu porterais à un ami ou une amie qui te raconterait son mois : sans minimiser, mais aussi sans t'acharner sur chaque écart par rapport à ce que tu avais prévu.
Ce que septembre t'a probablement demandé
Sans même le nommer, ce mois a mobilisé plusieurs types d'énergie en même temps.
De l'énergie d'adaptation. Un nouveau rythme, de nouveaux horaires, parfois de nouvelles responsabilités. Le cerveau dépense plus de ressources pour gérer une routine qui n'est pas encore automatisée que pour une routine installée depuis des mois.
De l'énergie de rattrapage. Les mails accumulés pendant l'été, les rendez-vous reportés, les dossiers en retard. Ce rattrapage, souvent invisible, pèse sur des semaines entières sans qu'on lui attribue vraiment sa juste part de fatigue.
De l'énergie de projection. Les résolutions de rentrée (reprendre le sport, mieux manger, se coucher plus tôt) demandent, en plus de l'action elle-même, une charge mentale de suivi et, souvent, de la culpabilité quand elles ne sont pas tenues.
De l'énergie relationnelle. Recaler des enfants dans leurs habitudes, reprendre contact avec des collègues après l'été, réorganiser la logistique familiale : ces ajustements demandent des négociations, des rappels, des adaptations qui, cumulées, pèsent aussi sur la charge mentale globale du mois.
Additionner ces quatre types d'énergie donne une idée plus juste de ce que septembre a réellement coûté, au-delà de la simple impression de "ça devrait aller, ce n'était pas si dramatique".
Ce que ce bilan dit de toi, et ce qu'il ne dit pas
Ce qu'il ne dit pas : que tu as raté ta rentrée si tout n'a pas été à la hauteur de ce que tu espérais. Que tu manques de discipline si les bonnes résolutions se sont essoufflées après dix jours. Que tu devrais déjà être stabilisé·e dans ton nouveau rythme.
Ce qu'il dit : où se trouvent tes marges de manœuvre réelles, et où elles sont, pour l'instant, inexistantes. C'est une information utile, pas un verdict.
Un bilan de ce type ne mesure pas ta valeur ni ta compétence. Il mesure l'écart, à un instant donné, entre ce qui t'a été demandé et les ressources dont tu disposais réellement pour y répondre. Cet écart varie d'un mois à l'autre, selon ta charge de vie, ton sommeil, ton contexte. Il n'a rien de définitif.
5 questions pour faire le point, concrètement
Prends dix ou quinze minutes, seul·e, avec un carnet si possible. Ces questions n'ont pas de bonne réponse : elles servent à faire remonter des informations que tu n'avais peut-être pas encore mises en mots.
1. Qu'est-ce qui, en septembre, t'a coûté le plus d'énergie ?
Pas ce qui a pris le plus de temps : ce qui a pris le plus d'énergie. Une réunion de dix minutes mal préparée peut coûter plus qu'une après-midi entière sur une tâche que tu maîtrises.
2. Qu'est-ce que tu as tenu, malgré tout ?
Cette question est souvent la plus difficile, parce qu'on a tendance à minimiser ce qu'on a réussi à maintenir. Le lit fait tous les jours, le rendez-vous chez le médecin pris, le dîner préparé même fatigué·e : ce sont des efforts réels, qui méritent d'être reconnus, pas relativisés. Prends le temps d'en noter au moins trois, même s'ils te semblent minuscules vus de l'extérieur.
3. Où as-tu remarqué de l'irritabilité ou de la fatigue récurrente ?
Un moment de la journée, un jour de la semaine, une personne, une tâche en particulier. Ces répétitions donnent des indices précis sur ce qui use le plus, bien plus que des impressions générales.
4. Qu'est-ce que tu as fait "pour rattraper" plutôt que "parce que ça avait du sens" ?
Cette question permet de repérer les tâches qui pèsent sans apporter grand-chose, et qui pourraient être allégées, déléguées, ou simplement abandonnées sans grande perte.
5. Qu'est-ce que tu voudrais ajuster avant novembre ?
Une seule chose, pas dix. Un horaire de coucher, un créneau de pause dans la journée, une tâche à déléguer. Le changement qui tient est presque toujours plus modeste que celui qu'on imagine au départ, et c'est justement ce qui le rend réaliste.
Ajuster avant l'hiver, plutôt que subir
L'intérêt de faire ce bilan début octobre, précisément, c'est le calendrier : les jours raccourcissent, la lumière diminue, et l'énergie disponible a naturellement tendance à baisser à cette période de l'année. Partir dans l'automne avec un système déjà à la limite, sans ajustement, augmente le risque d'arriver épuisé·e aux vacances de la Toussaint, puis en fin d'année.
Ajuster ne veut pas dire tout changer. Ça veut dire identifier un ou deux points de friction réels et y apporter une réponse concrète : déplacer un rendez-vous récurrent qui tombe toujours au mauvais moment, réduire une activité qui ne nourrit plus, réintroduire un créneau de repos qui a disparu depuis la rentrée.
Ce petit ajustement fonctionne mieux quand il est précis et daté, plutôt que formulé comme une intention vague. "Je vais me coucher à 22h30 les soirs de semaine, à partir de lundi" a beaucoup plus de chances de tenir que "je vais essayer de mieux dormir". La spécificité n'est pas un détail : c'est souvent ce qui distingue un ajustement qui dure d'une bonne résolution oubliée en une semaine.
Quand ce bilan révèle plus qu'une simple fatigue de rentrée
Si le bilan que tu fais révèle une fatigue installée depuis plusieurs mois, une perte de plaisir généralisée, des troubles du sommeil persistants ou un sentiment de ne plus arriver à faire face malgré les ajustements, ce n'est probablement plus une question de rentrée. Ces signaux méritent d'être évoqués avec ton médecin, qui pourra faire le point sur ton état de santé général et t'orienter si nécessaire.
Il en va de même si ce bilan te met face à une détresse plus importante que prévu, un sentiment de vide, ou des pensées qui t'inquiètent. Un bilan mensuel est un outil utile pour ajuster un rythme de vie. Il n'a pas vocation à remplacer un accompagnement professionnel quand la situation le demande.
Ce que nous faisons chez Orinki
Chez Orinki, nous accompagnons souvent des personnes qui arrivent après plusieurs mois, parfois plusieurs années, sans jamais avoir pris le temps de ce genre de bilan. L'énergie s'est érodée progressivement, sans repère clair pour identifier le moment où ça a basculé.
Du côté mindset, nous aidons à poser ce regard régulier sur soi, sans jugement, pour repérer tôt les signaux qui, ignorés, mènent à l'épuisement. Du côté naturopathie, nous croisons ce ressenti avec le terrain biologique : qualité du sommeil, alimentation, rythme de vie, pour comprendre ce qui, concrètement, soutient ou fragilise l'énergie disponible. Nous construisons ensuite, à partir de ce bilan, un plan individuel adapté à la situation réelle de chacun, pas à un modèle générique.
En résumé
Faire le bilan d'un mois sans se juger n'est pas un exercice de complaisance : la recherche sur l'autocompassion, notamment les travaux de Kristin Neff, montre que ce regard bienveillant favorise davantage le changement que l'autocritique. Septembre a mobilisé de l'énergie d'adaptation, de rattrapage et de projection, souvent invisible sur le moment. Se poser quelques questions concrètes (ce qui a coûté, ce qui a tenu, ce qui doit être ajusté) permet d'aborder l'automne avec un système déjà réajusté, plutôt que déjà à la limite.
Sources
Neff, K.D. : Self-Compassion: An Alternative Conceptualization of a Healthy Attitude Toward Oneself, Self and Identity, 2003
Neff, K.D. : The Development and Validation of a Scale to Measure Self-Compassion, Self and Identity, 2003
Inserm : Stress, chapitre "Bases neurobiologiques et neuroendocriniennes du stress", expertise collective, ipubli.inserm.fr
Cet article est rédigé à titre informatif. Il ne remplace pas un avis médical ou un accompagnement psychologique. Si tes symptômes sont intenses ou durent, parles-en à ton médecin traitant.
Tu n'as pas besoin d'un bilan parfait. Tu as besoin d'un regard honnête, pour repartir avec un peu plus de justesse.
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